L’impact considérable du Rappel de Dieu

 « ... Ceux qui ont cru, et dont les cœurs se tranquillisent au Rappel de Dieu… - N'est-ce point par le Rappel de Dieu que se tranquillisent les cœurs ? »

(Sourate Al-Ra‘d (Le tonnerre) ; 13 : 28)

 

Tout ce qui est créé, tout ce qui est fabriqué, doit impérativement respecter un ordre précis, conçu par son fabricant et n’est efficace qu’en fonction du degré de son respect de cet ordre. Disons pour mieux nous exprimer que même les appareils qui fonctionnent bien ne s’écartent pas du but pour lequel ils ont été conçus. Cette idée se vérifie d’autant plus à propos de l’être humain. Tout homme, croyant ou non, ne peut être évalué que d’après un même critère, celui d’être conforme au but de sa création. La différence entre les gens qui se fixent des principes, dans quelque domaine que ce soit, et ceux qui se laissent aller, est si flagrante que nous n’avons pas besoin de la signaler.

Ainsi, si on cherche à avancer dans la Voie de la perfection, il faut prendre conscience de ce pour quoi on a été créé. Il faut obéir à son Supérieur et la première chose à faire est de comprendre ce qu’Il attend de nous. Dieu ne nous a sûrement pas créés seulement pour être bons. La bonté ne suffit pas. Il faut donc un oui franc à Son attente et se donner à fond à la seule cause qui vaille. Pour cela, Hâfez nous conseille la meilleure solution, celle de ne pas lâcher la corde ou plus précisément le lien qui nous rattache à notre Supérieur.

 

Garat hawâ-st ke Ma’shuq nagsalad peyvand

Negah- dâr sar-e reshte tâ negah dârad

 

Si tu désires que l’Aimé ne brise pas le pacte

Pour qu’il le garde, tu dois garder le bout de la corde.

(Dîvân Hâfez, 118 : 2)

 

Cette corde ou anse dont parle le Coran, Dieu la tend toujours à ceux et celles qui veulent s’y accrocher solidement pour remonter au Ciel.

« …Quiconque mécroit à l’idole tandis qu'il croit en Dieu saisit l'anse la plus solide, qui ne peut se briser… » (Sourate Al-Baqara (La vache) ; 2 : 256)

 

***

 

L'agitation pendant la journée empêche l'homme contemporain de s'occuper de lui-même et la dissipation pendant la nuit provient de ce relâchement de la Corde pendant la journée, ce qui est tantôt la cause et tantôt la conséquence de la non-conscience de l’homme.

C’est pour cette raison que beaucoup de gens dans le monde entier, de toutes les religions et sectes, accordent une très grande importance à la méditation qui préserve leur esprit du brouhaha qui les entoure. Car dès que l'homme se règle sur l'essentiel, il retrouve le moral. En islam, il est vivement recommandé aux croyants de contempler les beautés divines. Certains maîtres spirituels préconisent à leurs disciples la « technique » de se concentrer sur une image mentale, en s'asseyant face à la Qibla, c'est-à-dire en direction de La Mecque, qui est le cœur de l'existence (qalb al-wojûd)...

Beaucoup de maîtres spirituels enseignent à leurs adeptes de contempler longuement et profondément la nature qui a l’art de communiquer le calme intérieur. Beaucoup d’autres conseillent à leurs élèves de faire l’introspection avant de se coucher le soir et de passer en revue toutes les actions de la journée. D’autres préfèrent apprendre les différentes positions du corps pour s’asseoir et suivre des techniques ayant le même but : obtenir la concentration maximale (ce que nous avons appelé le zekr). Toutes ces « astuces » afin d’embraser le cœur de l’Amoureux pour qu’il apprenne à puiser dans les profondeurs de sa belle Ame, y trouver le soupir qui s’élèvera haut dans le ciel et qui retournera vers lui sous la forme d’une Corde.

 

Âh kardam chon rasan shod âh-e man
Gasht âvizân rasan dar tchâh-e man
Ân rasan begreftam o birûn shodam
Shâd o zaft o farbeh o golgûn shodam
Dar bon-e châhi hami bûdam zabûn
Dar hameh 'âlam nemi-gonjam konûn

 
J'ai poussé un soupir (si fort qu’il s’est élevé haut dans le ciel)

Mon soupir s'est transformé en Corde
Et la Corde s'est suspendue dans le puits où j'étais.
J'ai saisi fermement cette corde et je suis sorti du puits
Gai
, allègre, intense, la mine rose
Moi qui étais au fond d'un puits vil et sans pouvoir
Le monde entier ne peut me contenir tant j'ai grandi

 

(Mathnawî Ma’nawî ; Cahier 5 : Section 91, vers 2311 à 2313)

 

Il est dans notre propre intérêt, répétons-le, de ne pas nous séparer de notre origine. Cette séparation que Rûmî évoque en exergue de son Mathnawî :

 

Beshno az ney chon hekâyat mikonad

v- az jodâyi- hâ shekâyat mikonad

Az neyestân tâ marâ bobride-and

Az nafiram mard o zan nâlide-and

Harkasi k- u dur mând az asl-e khish

Bâz juyad ruzegâr-e vasl-e khish

 

Écoute le ney (flûte en roseau) raconter une histoire,

Il se lamente de la séparation :

« Depuis qu’on m’a coupé de la jonchaie,

Ma plainte fait gémir l’homme et la femme.

Quiconque demeure loin de sa source,

Aspire à l’instant où il lui sera à nouveau uni. »

 

La foi en Dieu a toujours servi de repère pour les hommes tout au long de l’histoire. Les hommes ne connaissent la vie ordonnée que dans ce cadre des principes qu’ils ont respectés avec vénération pour édifier les grandes civilisations. La croyance en Dieu a créé le bonheur même quand parfois elle s’est présentée sous la forme externe d’un polythéisme. La mythologie grecque a favorisé l’apparition des grands esprits monothéistes, comme Platon et son maître Socrate. L’hindouisme lui aussi polythéiste a produit de grands esprits dont la sagesse demeure reconnue par tous. Dieu se satisfait de voir des hommes motivés par la bonne intention d’honorer un « être supérieur ». Tout ce qui L’intéresse, c’est d’apprendre à aimer, puisque de toutes les façons celui qui aime, obéit et c’est pourquoi Il lui accorde quand même Sa grâce.

Il existe des traditions selon lesquelles Dieu peut Se montrer miséricordieux envers un peuple corrompu tant qu’au sein de ce peuple, il y aura  un seul être croyant. C’est ainsi que par l’intercession de ces saints hommes, certains peuples ont échappé à la disparition et au châtiment divin.

 

Le Rappel consiste en premier lieu dans l’éveil. Jamais celui qui dort ne pourra être l’égal de celui qui est éveillé. Le Coran l’affirme :

« Quoi ! Celui qui croit recevrait le même traitement que le scélérat ? - Ils ne sont pas égaux. » (Sourate Al-Sajda (La prosternation) ; 32 : 18)

Cependant le Rappel de Dieu ne sera efficace et fructueux que lorsqu'il est fait de tout cœur et en plein état d'éveil.

 

Fekr ân bâshad ke pish ârad rahi

Zekr ân bâshad ke pish ârad Shahi

 

La vraie pensée, c'est celle qui montre la Voie

Le vrai zekr, c’est celui qui amène le Roi

 (Mathnawî Ma’nawî ; Cahier 2 : Section 92, vers 3207)

 

Et la priorité est de cesser de se laisser mener par les illusions, de rêver ou de croire que sans effort, sans demande de notre part, nous puissions arriver à quelque but que ce soit.

La pensée utile, la méditation vraie sont celles qui donnent du résultat perceptible, c'est-à-dire une bonne formation au cœur et à l’esprit de la personne.

Cette question est si importante que Rûmî nous enseigne : Ne te laisse pas conditionner par une forme spécifique :

 

Ze harf bogzar o chon âb naqsh- hâ mapazîr

 

Dépasse la parole! Et, comme l'eau, n'admets qu’on grave le moindre motif sur toi !

 (Dîvân-e Shams, Ghazaliyât : 1358, 19)

 

Parce que le soufi est libéré de toutes les formes, il est fluide comme l’eau et prend la forme qu’il souhaite selon les circonstances que lui impose son parcours.

 

Gham o shâdi bar-e ‘âref che tafâvot dârad

 

Quelle différence pour le gnostique entre le chagrin et la joie?

(Dîvân Ash’âr, Sa’adî, Ghazaliyât, 13 : 6)

 

Le moindre intérêt de cette fluidité et de cette malléabilité est que le vrai soufi s’adapte à tout, il ne rencontre pas de grands obstacles dans la vie, car il se retrouve indépendant des tournures que prennent les évènements de jour en jour. Quand il fait face à un rocher, il le contourne s’il ne peut pas le briser. Cette même idée, Rûmî l’exprime dans ce vers :

 

Bar hamegân gar ze falak zahr bebârad hameh shab

Man shekar- andar- shekar, andar shekaram

 

Si chaque nuit, le poison pleuvait du ciel sur tout le monde

Moi je resterai sucre, enrobé de sucre, encore enrobé de sucre

(Dîvân-e Shams, Ghazaliyât : 1394, 12)

 

Il va de soi alors que celui dont la pensée est futilité, dénuée de concentration et portée sur des choses vaines ne peut pas être égale à l’homme vigilant dont le cœur resplendit de la présence sainte de Dieu.

Tous les effets moraux, spirituels et sociologiques engendrés par le culte rendu à Dieu ont, dans toutes les religions, une seule et même origine, une même cause : la pratique du « Rappel de Dieu », zikr Allah, ou par abréviation zikr, qui consiste à concentrer son attention sur Dieu tel qu’Il s’est fait connaître par Son Envoyé (s) et par le Coran, et à évacuer progressivement du cœur tout ce qui est autre que Lui.

Le Rappel doit avoir un objet réel, et non des concepts philosophiques qui n'ont d'existence que mentale. C'est donc forcément un Dieu Présent Qui se fait connaître, Qui est digne d'être adoré, et non pas un dieu abstrait ou des idoles qui ne jouent aucun autre rôle que décoratif comme des pièces de musée.

Les maîtres du soufisme ont beaucoup écrit et enseigné au sujet des significations ésotériques de la prière, du pèlerinage, du jeûne de Ramadan et d’autres prescriptions religieuses. En réalité, toutes les prescriptions divines servent uniquement celui qui les accomplit, pour homogénéiser et unifier les forces de son corps et celles de son âme.

Le Coran évoque le rôle édifiant de l’adoration et l’impact puissant de la prière, disant : « La prière réfrène l’infâme et le blâmable. » (Sourate Al-‘Ankabût (L’araignée) ; 29 : 45)

Cette fonction première d’inculquer au croyant la façon de s’abstenir de commettre des infamies, et d’éviter ce que désapprouvent la morale et le bon sens est le minimum de l’effet que puisse produire la pratique régulière de la prière rituelle. Grâce à la prière, le croyant se donne l’occasion de penser à Dieu au moins cinq fois par jour. L’individu crée une relation personnelle avec le Créateur, et sur le plan sociologique, les effets bénéfiques sont évidents : moins de délinquance et de criminalité, et plus de calme et de sécurité.

La prière musulmane ne consiste pas seulement dans les quelques minutes qu’elle demande pour être accomplie quotidiennement. L’examen des préliminaires requis par la Loi religieuse nous permet de voir que la prière a d'abord un rôle éducatif et qu'elle contribue à l'éveil de la personne. Demander à quelqu’un de la faire, c’est d’abord attirer son attention sur le fait qu’il doit être propre et pur, qu’il doit connaître l'heure, la direction et qu'il ne porte sur lui aucun vêtement ni objet usurpé. C’est une façon indirecte d’éduquer.

Le fait que le priant ne doive pas détourner sa tête de la direction de La Mecque ne veut pas dire que Dieu a besoin d’une position spéciale du corps d’une créature simple qu’Il a créée, cela nous montre par contre l’importance pour le croyant de prendre l’habitude de se concentrer constamment sur tous ses actes, même sur son maintien physique.

En outre, le croyant se prépare à la prière par des pensées positives et pures, par des ablutions, par un état psychique qui lui permettent de tirer le bénéfice maximal de cet exercice spirituel si bénéfique à son corps qui est répété cinq fois par jour.

Tous les hommes, tous les peuples savent ce qu’est le bien et ce qu’est le mal. Toutes les lois condamnent ou punissent le mensonge, le vol, la trahison et désapprouvent la mauvaise foi, l’avarice, l’égoïsme, etc. De même, tout le monde sait ce qu’est la loyauté, la sincérité, la solidarité, etc.

Mais le but de la prière musulmane n’est pas que moral ou sociologique. Ses effets positifs dans ce monde ne sont que des effets collatéraux, indirects. Il y a surtout le besoin et la nécessité de se réaliser, de se rapprocher au mieux de la définition coranique de l’homme. L’homme a été créé à l’image du Miséricordieux : son ambition est donc de retourner au Principe dont il est l’image, de Lui ressembler de plus en plus, jusqu’à se fondre en Lui. Car c’est à Lui que se fait le retour.

Dans la Sourate 20 du Coran, Tâ-Hâ (Tâ-Hâ), au verset 14, Dieu dit : « Accomplis la prière en Rappel de Moi… » Cela veut dire que s’acquitter de la prière est une condition nécessaire si l’on veut entretenir constamment le souvenir de Dieu. Celui ou celle qui observe la prière et qui pratique le « Rappel de Dieu » n’oublie jamais qu’il est sous le regard permanent et avisé de l’Essence omnisciente de Dieu. Il n’oublie jamais qu’il n’est qu’une créature tenue de rendre grâce à son Créateur et Lui devant obéissance. Le Rappel, qui est le but même de l’adoration de Dieu, confère au cœur une lumière et une pureté, ce qui le rend apte et digne de recevoir les épiphanies divines.

Une tradition sainte dit : « Ni Mon ciel, ni Ma terre ne me contiennent, mais le cœur de Mon serviteur croyant Me contient. »

A propos du Rappel de Dieu qui est l’âme de l’adoration, l’Imâm 'Alî ibn Abî Tâleb (as) s’est exprimé ainsi :

« Dieu, exalté soit-Il, a fait du zikr un moyen de polissage des cœurs grâce auquel ils recouvreront l’audition après avoir été frappés de surdité, et la vue après la cécité, et grâce auquel ils seront guidés après avoir été récalcitrants. Dieu, - que soient glorifiées Ses bénédictions - n’a jamais cessé époque après époque, et durant les temps de suspension d’envoi des prophètes, d’avoir des servants avec qui Il s’entretient dans leurs pensées, et à qui Il s’adresse au fond de leur intelligence. »

Les occurrences de cette notion sont très fréquentes dans le Coran. Le Rappel porte sur les bienfaits de Dieu qui méritent notre reconnaissance, mais il va encore plus loin jusqu’à « rappeler » le pacte primordial (mîthâq) qui fut scellé entre Dieu et les créatures, le « jour » où les créatures répondirent « oui, bien sûr » à la question posée par Dieu : « Ne suis-Je pas votre Seigneur ? » (alastu bi- Rabbi-kum ?). On voit ainsi que la prière dont la fonction première est de préserver de l’infamie finit par devenir la monture de l’ascension spirituelle. « La prière (al-salât) est l’ascension (mi‘râj) du croyant ».

C’est pour cette raison que la tradition enseigne que « La prière est le pilier de la religion » (al-salât ‘amûd al-Dîn). Et c’est aussi pourquoi la tradition recommande d’y encourager les enfants dès l’âge de sept ans. La prière répond spécialement aux besoins de tous les âges.

 

Rompre avec l’autre que Dieu, condition nécessaire de la dévotion

 

Dieu dit dans le Coran : « Rappelle le nom de ton Seigneur et te dévoue à Lui profondément » (Sourate Al-Muzammil (L’enveloppé) ; 73 : 8)

Le dévouement (tabattul) est une abnégation, un renoncement pour implorer Dieu par les actes, et cela est l’essence même de l’adoration.

La phrase « dévoue-toi à Lui profondément » signifie donc : libère-toi totalement (des soucis du monde) pour te consacrer au service exclusif de Dieu, ce qui est le dévouement parfait et qui est une condition nécessaire du culte véritable de Dieu.

 

Seul celui qui connaît Dieu sait comment s’adresser à Lui, dans le respect de Sa majesté. Cette éloquence est aussi un critère de la sainteté. En témoigne une invocation appelée Monâjât al-Shab’bâniyya, (Entretiens nocturnes secrets du mois de Sha’bân), dont on peut trouver le texte dans les ouvrages de prières et d’invocations comme le célèbre Mafâtih al-Jinân (Les clefs du Paradis). Il s’agit d’une invocation que l’Imâm 'Alî (as) et les Imâms de sa descendance (as) avaient coutume de réciter au mois lunaire de Sha’bân. Cette invocation est un exemple de la signification de la fonction préservatrice du Coran par les Imams (as) concomitante de leur fonction herméneutique.

C’est une prière qui est sublime de par son contenu. On y trouve ce passage :

 

« Mon Dieu ! Accorde-moi le détachement parfait pour Ton service ! Illumine les visions de nos cœurs par la clarté du regard qu’ils portent sur Toi, jusqu’à ce que les visions des cœurs percent les voiles de lumière et parviennent au secret de Ta grandeur et que nos âmes soient suspendues à la majesté de ta Sainteté ! »

 

Ces textes d’invocations sont aussi des monuments de littérature. Ils servent directement le Coran en entretenant vive la langue arabe pure dans laquelle il a été révélé.

La première phrase signifie : Mon Dieu, accorde-moi de par Ta grâce le détachement parfait vers Toi (pour être pleinement à Ton service). Ce détachement extrême a pour concomitant l’union extrême : ce qui revient à dire que la rupture parfaite avec tout ce qui n’est pas Dieu a pour corollaire la parfaite jonction avec le Réel (Dieu). L’homme ou la femme qui a fait ce choix d’être avec Dieu aura parfaitement réussi à assumer son statut d’être humain à l’image de Dieu.

(Alâ bi- dhikr -i- Allâh tatma’innu al-qulûb)

Dîvân Hâfez, traduit du persan par Charles Henri de Fouchécour, Édition Verdier, 2006. p. 394 ; ghazal 118 : 2.

Al-'urwat al-wuthqâ

Expression employée par le Maître Ibn 'Arabî.

Mathnawî : La Quête de l'Absolu de Djalâl al-Dîn Rûmî, traduit du persan par Eva de Vitray Meyerovitch, Édition du Rocher, 1990. p. 53, Mathnawi, Livre Premier ; 1, 2 et 4

Saint Augustin dit : Aime et fais ce que tu veux !

Il s’agit ici de réfléchir dans sa meilleure façon afin de faire avancer vers soi, le roi spirituel. Il faut méditer et invoquer. Si tu n'obtiens pas de résultat et que tu ne vois pas le Roi, c'est que tu n'as pas su comment te concentrer. Il ne faut pas imputer ton échec à l'invocation, mais à toi-même.

Ce terme de zekr, transcrit également dhikr à cause de la prononciation arabe, possède un sens technique. Il s’agit des formules empruntées au Coran et à la tradition, prescrites par le maître spirituel à son disciple qui devra les prononcer un certain nombre de fois et dans certaines conditions. Sinon, le mot veut dire « le rappel », il désigne l’acte par lequel un croyant se rapproche de Dieu en pensée et par le cœur.

Le dhikr est différent de la méditation philosophique en quête de savoir sur la nécessité de l’Etre premier sans s’obliger à L’aimer et à Lui obéir. Le dhikr porte donc sur « le Dieu d’Abraham et non sur celui des philosophes », comme dirait Pascal.

La tradition sainte, le hadith qodsî, c’est un hadith où c’est Dieu Qui parle.

Bihâr al-Anwâr, Vol. 55, p. 39. Bihâr al-Anwâr, ou « Les océans des lumières », est une encyclopédie de traditions chiites rassemblées en 110 volumes par Mohammad Bâqer Majlisî (mort en 1698), aussi connu sous le nom 'Allâmeh, le savantissime Majlisî. Il y a inséré l'ensemble des contenus des sources principales des traditions chiites.

Voir verset du Pacte, mîthâq, (Sourate Al-A’râf (Les limbes) ; 7 : 172). Ce « jour » qui eut lieu dans la prééternité est appelé par les soufis le jour de « alast », en persan Rûz-e alast, pour désigner par abréviation la question originelle inscrite dans le conscient métahistorique des hommes : Ne suis-Je pas votre Seigneur ? Les hommes non encore perturbés par leur âme concupiscente répondirent d’une seule voix : Certes, Oui (balà ! : بلی en arabe).

Bihâr al-Anwâr, vol. 79, p. 247.

Al-Kâfî, vol. 2, p. 19.

Compilé par le shaykh 'Abbâs al-Qomî (mort en 1902)

 

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