La conduite de l’Imâm al-Hosayn (as) varie au cours de la révolte

Dieu veut te voir tué

 

Le Prince des martyrs (as), visant la mise en œuvre de ce qui est le mieux pour l’islam et les musulmans, prend la décision ferme de s’abstenir au pacte et d’être tué. Sans égards, il donne la préférence à la mort sur la vie, et c’est bien là son devoir vis-à-vis de Dieu que de s’abstenir de pactiser même s’il doit être tué. Là se trouve la signification de ce que l’on peut lire dans certains hadiths : l’envoyé de Dieu s’adresse à lui en songe et lui dit : « Dieu veut te voir tué. » Son Excellence (as) dit également à certains de ceux qui essaient de l’empêcher de se révolter : « Dieu veut me voir tué. » Quoi qu’il en soit, il s’agit du dessein de la volonté qui indique la voie, et non de la volonté cosmogonique, car la volonté cosmogonique de Dieu n’a pas d’effet sur le désir et l’action.

 

Accueil que font les gens et les shiites à l’Imâm impeccable (as) après la révolte

 

Effectivement, le Prince des martyrs (as) prend la décision de ne pas accomplir le pacte et en définitive d’être tué, donnant la préférence à la mort sur la vie. Le cours des événements vient confirmer ce que son Excellence (as) entrevoit, car il confirme son martyre, avec cette situation déchirante d’oppression et de légitimité des Gens de la demeure (as). Après son martyre, se succèdent douze années de révoltes et de massacres. Suite à cela, cette maison dont personne du vivant de son Excellence (as) ne connaissait ne serait-ce que la porte, voit déferler un flot de shiites venus des environs. Cela est permis par l’époque du cinquième Imâm (as) qui permet une brève tranquillité. De là, jour après jour, le nombre des partisans des Gens de la demeure (as) augmente et leur légitimité et leur lumière se met à briller, à étinceler dans chaque recoin du monde. Or, le socle de cette légitimité est associé à l’état de victimes des Gens de la demeure (as), le Prince des martyrs (as) étant le pionnier sur ce terrain.

La comparaison entre la situation de la Famille de la prophétie (as) et l’accueil que leur réservent les gens du vivant de son Excellence (as), et la situation qui prévaut après son martyre durant quatorze siècles, chaque année plus fraîche et plus profonde, met en lumière la perspicacité de son Excellence (as). C’est là ce que l’on retrouve dans ce distique attribué à son Excellence (as) dans certains hadiths :

وما ان طبنا جبن ولكن – منايانا ودولت آخرينا

 

Le fait que les Gens de la demeure (as) soient opprimés devient l’arme la plus tranchante

 

C’est pour cette même raison que Mo‛âwiya transmet strictement sa succession à Yazîd, sachant que si Hosayn ibn ‘Alî (as) évite de pactiser avec lui, cela aura pour effet de l’abandonner à son sort et de qu’il ne pourra rien lui opposer. Mo‛âwiya ne transmet cet héritage ni par sincérité, ni par amour, au contraire, il sait que Hosayn ibn ‘Alî (as) n’est pas homme à pactiser et que s’il est tué par Yazîd, les Gens de la demeure (as) deviendront les emblèmes de l’injustice subie, ce qui serait dangereux pour le sultanat omeyyade et pourrait doter les Gens de la demeure (as) du meilleur outil de propagande et de progrès.

 

L’Imâm (as) expose ce qu’est son devoir

 

Le Prince des martyrs (as) sait que son devoir vis-à-vis de Dieu consiste à s’abstenir de pactiser. Mieux que quiconque, il réalise la puissance illimitée et invincible des Banî Omayya, ainsi que l’état d’esprit de Yazîd. Il sait que son défaut à l’égard du pacte entraînera inéluctablement son assassinat et que l’accomplissement de son devoir vis-à-vis de Dieu entraînera le martyre. Il en explore le sens, à différents degrés, utilisant des formulations variées. A l’assemblée du juge de Madîna[1] qui lui demande de se soumettre au pacte, il dit : « Quelqu’un comme moi ne pactise pas avec quelqu’un comme Yazîd. » Lorsqu’il quitte Madîna, de nuit, il rapporte que son grand-père, le noble Envoyé (as), lui a dit en songe : « Dieu veut – en tant que devoir – que tu sois tué. »

Dans le discours qu’il prononce au moment de quitter Makka[2], et en réponse à ceux qui entendent le dissuader de se mettre en route pour l’Irak, l’Imâm (as) répète cette même phrase. En réponse à celui parmi les Arabes qui a déclaré que son Excellence (as) doit renoncer à se rendre à Kûfa, car sinon il sera tué, il dit : « Ceci ne m’est pas caché, mais ce ne sont pas mes frères et ils me tueront où que je sois. » Bien que certains de ces hadiths soient contestés, ou ne soient pas exempts de faiblesse au niveau de leur chaîne de transmission, ils confirment parfaitement l’observation des situations et des états d’alors, ainsi que l’analyse des événements.

 

La conduite de l’Imâm al-Hosayn (as) varie au cours de la révolte

 

Bien entendu, lorsque nous disons que l’Imâm (as) vise le martyre en se révoltant, et que c’est Dieu qui a voulu son martyre, nous ne disons pas que Dieu lui a demandé de s’abstenir de pactiser avec Yazîd, et qu’il a alors croisé les bras, informant ainsi les agents de Yazîd : « Venez me tuer maintenant. » Il serait risible de croire que c’est ainsi qu’il accomplit son devoir et que l’on appelle cela une révolte. Au contraire, le devoir de l’Imâm (as) consiste à se révolter contre le califat inique de Yazîd, à s’abstenir de pactiser avec lui, et à maintenir cette voie par tous les moyens possibles, sachant que son abstention le conduira immanquablement au martyre. C’est là que nous pouvons observer que la méthode de l’Imâm (as), aux différentes étapes de la révolte, varie en fonction des situations et des états. Au départ, il se trouve sous la pression du juge de Madîna, il quitte alors la ville de nuit. Il va se cacher à Makka – qui est le sanctuaire de Dieu et le refuge de la religion – où il reste caché durant plusieurs mois. A Makka, il se trouve sous la surveillance secrète des agents du califat, jusqu’à ce que la décision soit prise, soit de le tuer durant les cérémonies du pèlerinage par un groupe de mercenaires, soit de le capturer et de le déporter en Syrie. Dans le même temps, un flot de lettres parvient d’Irak à son Excellence (as). Dans ces centaines, ces milliers de lettres, on lui fait la promesse de lui venir en aide et de l’assister, on l’invite à se rendre en Irak, et la dernière d’entre elles représente un ultimatum clair, « comme l’écrit une partie des historiens », de la part des habitants de Kûfa. Son Excellence (as) prend alors la décision de se mettre en marche et de lever une révolte sanglante. A titre d’ultimatum, il envoie Moslem ibn ‘Aqîl en tant que son représentant, et plusieurs lettres de Moslem lui parviennent, disant que la situation est favorable pour une révolte.

L’Imâm (as), considérant les deux facteurs dont il a été question – à savoir l’entrée à Makka d’agents secrets destinés à le tuer ou à le capturer, et la sauvegarde de l’inviolabilité de la Maison de Dieu d’une part, et la disposition de l’Irak à la révolte d’autre part –, se met en route pour Kûfa. Durant le trajet, lorsqu’il apprend la nouvelle du meurtre tragique de Moslem et de Hânî, la méthode de la révolte et de la guerre offensive se change en révolte défensive. Il épure alors les rangs de sa communauté et ne garde auprès de lui que ceux qui n’auront de cesse de l’aider, jusqu’à leur dernière goutte de sang. C’est alors, il se met en route pour le lieu de sa sépulture.



[1] Médine.

[2] La Mecque.

 

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