Le paradis en tant que lieu de la manifestation de la joie et de la purification

Voici de quelle manière le noble Coran décrit le paradis et ses habitants : « Les ruisseaux couleront à leurs pieds dans les Jardins du délice. » (Sourate Yûnus (Jonas) ; 10 : 9 et 10).[1]

 

Le paradis est le pays pur, le lieu de la sainteté, de la chasteté et de la pureté. A l’inverse, l’enfer est le pays pollué et sale, le lieu de l’impureté, de la souillure, de la perfidie et de la méchanceté. Sur ce principe, le paradis en tant que tel, les portes du paradis, ses degrés et ses échelons, ses serviteurs et ses habitants, ceux qui y entrent et ceux qui y demeurent, que ce soit à l’égard du discours ou à celui du comportement, et que ce soit à l’égard des possessions, des qualités ou des croyances, tous sont purs et licites. En ce lieu, il n’est pas d’acte vil, ni de démarche honteuse, de discours blâmable, d’intention frelatée, de subterfuge, de ruse et de tromperie, de cupidité et d’avidité, d’avarice et de rancune, de haine et de jalousie, de flatterie et de flagornerie, de duperie et d’hypocrisie, d’égoïsme et d’orgueil ni d’amour de soi. En ce lieu, il n’est pas de mécréance, d’associationnisme, de discorde, d’invalidation et de fausseté, de recherche et de quête de l’absurde, de parole en l’air, de divertissement, d’inutilité et d’extravagance, de débauche et de perversité. Il y est continuellement question de louange, de bénédiction, de salut, de félicitation, de générosité, de compliment, de sanctification, de glorification, de rappel, d’inspiration, de visite pieuse, de contrôle, et on y dit subhân Allâh[2], al-hamdûlillâh[3], lâ-ilâha-illa-llâh[4], et Allâhou akbar[5]. Il s’y trouve en permanence de la joie, de la gaieté, de la réjouissance, du bonheur, de l’allégresse, de la bonne humeur, de la jubilation, de la légèreté. Y prône le plaisir, la grâce, le bien, la bénédiction, la santé, la miséricorde, la clémence, la bonté, l’amitié, l’affection, l’amour, la jouissance, l’enthousiasme, l’intimité et la bonté.

 

Les préjudices et les difficultés de ce monde, les maux et les nuisances, les efforts servent à parfaire les âmes, à donner la capacité d’accéder à ce degré sublime et à pénétrer dans ce lieu éminent. Les affres de l’agonie, le supplice de la tombe et du purgatoire, les questions de Munkar et Nakir[6], le prolongement de la traversée du monde de l’apparence, le son de la trompette de la résurrection, le soulèvement pour Dieu, le monde du rassemblement et de la diffusion, le livre et la lettre des actes, le compte et la résurrection, le discours, le pont du sirât, la balance, l’intercession, le lieu situé entre le paradis et l’enfer, l’intermédiaire et les autres choses ; tout cela sert de leçons de purification, tout cela permet d’accéder à la sainteté et d’entrer au paradis.

 

L’enfer également, pour ceux qui ne sont pas damnés éternellement, est une forme de purification. Après avoir quelque peu goûté à la rétribution des vilenies, et après avoir mérité la clémence et la rémission des péchés, ceux qui y ont été plongés en sortent et, après avoir été lavés dans l’eau de Kawthar[7], après avoir profité de la source pure de la wilâyat et bénéficié de l’intercession, ils se mettent en route pour le paradis.

 

Ah, comme est beau ce saint verset dans lequel les habitants du paradis s’adressent continuellement à leur Seigneur, et fredonnent « subhânaka allahuma »[8] ! Ils le saluent par le salâm, et leurs dernières paroles sont consacrées à tous les degrés de l’éloge, de la glorification et de la louange de la sainte essence de son Excellence le Seigneur des mondes. Autrement dit, ils sont parvenus au stade de mystiques véritables et sont restés sur le verbe, les qualités, les noms et les attributs de la sainte essence de son Excellence le Glorieux. Ils voient Sa lumière, dans toutes ses représentations, dans tous les mondes du royaume des cieux et de celui de la manifestation. Ils voient le monde d’un seul tenant, telle une seule lumière, tel un seul rayon émanant de l’astre radieux qu’est son Excellence l’Unique, Honoré et Glorieux.

 

La pureté du discours des gens du paradis

 

« Dieu introduira ceux qui auront cru et ceux qui auront accompli des œuvres bonnes dans des Jardins où coulent les ruisseaux. Là, ils seront parés de bracelets en or et de perles ; leurs vêtements seront en soie. Ils ont été dirigés vers la Parole excellente ; ils ont été dirigés dans le chemin de celui qui est digne de louanges. » (sourate Al-Hajj (Le pèlerinage) ; 22 : 23 et 24).

 

Ici, nous voyons que le meilleur don, le plus beau présent du paradis est ce discours parfait, cette parole pure et cette voie glorieuse et agréable à Dieu. En vérité, ces discours vrais et véridiques qui expriment la réalité pure et la vérité des mystiques, sont plus plaisants et réjouissants que n’importe quel plaisir et n’importe quelle joie.

 

« Ils pénétreront dans les Jardins d’Eden où ils seront parés de bracelets en or et de perles ; où leurs vêtements seront en soie. Ils diront : ‘Louange à Dieu qui a écarté de nous la tristesse ! Notre Seigneur est celui qui pardonne et Il est reconnaissant. Il nous a installés par Sa grâce dans la Demeure de la stabilité où nulle peine ne nous touchera, ou nulle lassitude ne nous atteindra.’ » (sourate Al-Fâtir (Le Créateur) ; 35 : 33 à 35).

 

La question de la gloire de Dieu, le fait qu’on Lui attribue la capacité de faire disparaître le chagrin envers Dieu, le fait de Le louer pour ses qualités de Clément et de Celui qui pardonne, le fait de Lui attribuer l’introduction à l’étape de la résurrection, et en sus, le fait qu’Il ne soit touché ni par la fatigue, ni par la lassitude ; tout cela atteste le degré de monothéisme et la gnose véritable de ces habitants du paradis. Car il ne se trouve pas de difficulté ni d’épreuve dans le monde de l’inspiration de son Excellence l’Unique, et la ternissure n’y a pas accès.



[1] La traduction des versets est de Denise Masson.

[2] La louange est à Dieu. (Les notes sont du traducteur)

[3] Gloire à Dieu.

[4] Nul dieu si ce n’est Lui.

[5] Dieu est plus grand.

[6] Il est dit que ce sont les deux anges terrifiants qui viennent interroger le mort dans sa tombe. Ils font si peur que l’on en oublie les réponses, même si on les a toujours connues !

[7] Nom donné à une source de l’Au-delà, dont son Excellence Fâtima (as) aurait été la manifestation ici-bas.

[8] « La louange est à Toi, ô notre Seigneur. »

 

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