Le Prophète (s) disparaît durant son enfance

Lorsque la période de l’allaitement du Prophète (s) s’achève, Halîma Sa‛îdî se met en route pour le restituer à sa noble mère[1]. Or, elle le perd en chemin. Tout ce qu’elle entreprend pour le retrouver reste vain. La nouvelle parvient à ‘Abd al-Muttalib[2]. Selon ce que lui-même déclare, Halîma vient le voir et lui dit : « Hier soir, j’étais en route pour Makka[3] en compagnie de Mohammad. Mais lorsque nous sommes parvenus sur les hauteurs de la ville, je l’ai perdu et, j’en jure par Dieu, j’ignore où il se trouve à présent. »

Dans une autre tradition, il est dit que Halîma se rend auprès d’Amîna et dit : « J’ai perdu Mohammad (s). » C’est ensuite que ‘Abd al-Muttalib a connaissance de l’événement. Il se tourne alors vers les gens et dit : « Ô gens des Banî Hâshem, ô gens des Banî Ghâleb, enfourchez vos montures et lancez la recherche car Mohammad (s) a été perdu. »

Là, ‘Abd al-Muttalib jure qu’il ne descendra pas de sa monture à moins d’avoir ramené Mohammad (s), ou d’avoir tué mille Arabes du désert et cent Qurayshites. Il accomplit ensuite les circumambulations autour de la Ka‛ba et se met à réciter des vers ayant cette teneur :

« Ô mon Seigneur, fais revenir vers moi mon cavalier Mohammad (s) (apparemment, il appelle Mohammad son cavalier parce qu’il avait l’habitude de le faire asseoir sur son épaule), fais-le revenir vers moi et fais de nouveau revenir Ta grâce auprès de moi. Ô mon Seigneur, si Mohammad (s) n’est pas retrouvé, les Qurayshites seront dispersés (c'est-à-dire : je les disperserai !). »

Après avoir récité ces vers, ‘Abd al-Muttalib prononce les saintes paroles lâ hawlâ wa lâ quwwata illâ billâh al-‘alî al-‘azîm (Il n’y a de force et de puissance qu’en Dieu, Le Très-Elevé, Le Très-Grandiose) et se met en route. A ce moment, un héraut céleste se fait entendre, il dit : « Ô gens ! En vérité, il se trouve pour Mohammad un Dieu qui ne l’humiliera ni le perdra. » ‘Abd al-Muttalib demande : « Où est Mohammad ? » La voix lui parvient de nouveau, elle répond : « Dans telle vallée, sous tel arbre. » ‘Abd al-Muttalib et ses proches se mettent en route et parviennent à cette vallée. Ils voient alors son Excellence (s), par son propre miracle, cueillir des dattes sur un chardon. Ils voient également auprès de lui deux jeunes hommes se tenant debout. Lorsqu’ils s’approchent du Prophète (s), ces deux jeunes hommes – qui semblent être leurs Excellences Mîkâ’îl et Jabra’îl (as) – s’éloignent.

Lorsqu’ils parviennent auprès de son Excellence Mohammad (s), ils lui demandent : « Qui es-tu ? » Il leur répond : « Je suis le fils de ‘Abdallâh ibn ‘Abd al-Muttalib. » Là, ‘Abd al-Muttalib installe son Excellence (s) à califourchon sur sa nuque et le ramène à Makka. Il l’emmène au Haram[4] et fait sept tours[5] autour de la Ka‛ba en sa compagnie. Après cela, ‘Abd al-Muttalib emmène Mohammad (s) auprès de sa mère Amîna (as). A ce moment, son Excellence (s) a deux ans.

Apparemment, cet événement correspond à la première fois que son Excellence Mohammad (s) est ramené à sa mère, car dans les traditions historiques, il est dit qu’à la fin de la période d’allaitement de son Excellence (as), Halîma le ramène à sa mère, or, Halîma insiste tellement pour garder son Excellence (s) auprès d’elle qu’Amîna (as) accepte qu’elle emmène une nouvelle fois le Prophète (s) chez elle. Par la suite, alors que son Excellence Mohammad (s) est âgé de quatre ou cinq ans, il est de nouveau rendu à sa mère et demeure auprès d’elle jusqu’à la fin de la vie d’Amîna (as). Certains croient que cet événement intervient dans la troisième année de son Excellence (s), et seulement quelques mois après avoir été rendu une première fois à sa mère. Dans une tradition attribuée à Halîma, il est dit : « Après qu’il ait eu deux ans et achevé la période de l’allaitement, je l’ai ramené à sa mère, alors que je désirais ardemment le garder auprès de moi en raison de sa bénédiction et du bien qui est attaché à lui. Sa mère a accepté la demande que je lui ai faite et me l’a confié. » Halîma dit ensuite : « Après quelques mois passés auprès de moi, je l’ai (une nouvelle fois) ramené à sa mère. Sa mère m’a dit : ‘Pourquoi me l’as-tu ramené alors que tu désires tant le garder ?’ Je lui ai répondu : ‘Mes enfants sont grands maintenant et j’ai accompli mon devoir (s’agissant d’allaiter son Excellence (s) durant les deux années préconisées). J’ai peur qu’il lui arrive malheur, c’est pourquoi je te l’ai ramené, sachant que c’est ce que tu désires.’ Amîna a dit : ‘As-tu eu peur que Shaytân ne soit victorieux de lui (et fasse qu’un malheur l’atteigne) ?’ Je lui ai dit : ‘Oui.’ Elle m’a dit : ‘Jamais, je le jure par Dieu, Shaytân ne disposera d’un seul moyen (de l’influencer), car en vérité, mon fils dispose d’une dignité (et d’un degré suffisamment élevés). Ne t’ai-je pas parlé de (sa disposition miraculeuse) ?’ J’ai répondu : ‘Oui (je t’en prie).’ Elle m’a dit : ‘Lorsque j’ai vu sa disposition, une lumière a jailli de moi, illuminant les palais de Busrâ[6]…’ »



[1] Son Excellence Amîna (as). (Les notes sont du traducteur)

[2] Le grand-père paternel du Prophète (s), le père de son père, son Excellence ‘Abdallâh (as).

[3] La Mecque.

[4] Au sanctuaire.

[5] La circumambulation (tawâf / طواف) correspond à sept tours de la Ka‛ba, effectués dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, avec pour point de départ l’angle sud-est de la Ka‛ba, où est fichée la pierre noire. C’est le cycle qu’il faut accomplir au moins une fois lors du grand pèlerinage notamment.

[6] Il s’agit apparemment de Busrâ du pays de Shâm (Syrie) et non de Basra en Irak (Bassorah).

 

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