La prière : la voie de l’ascension vers Dieu (5) L’humilité révérencielle (al-khushû‘‘) (2e partie)

Dieu Très-Elevé dit dans son noble Livre : {Bienheureux sont les croyants qui sont humbles révérenciellement dans leurs prières} (1-2/XXIII), faisant de l’humilité révérencielle dans la prière une limite et une marque de la foi. Aussi ceux qui ne sont pas humbles durant leur prière ne font-ils pas partie du groupe des croyants, selon ce que dit Dieu Très-Elevé.

Malheureusement pour nous, nos prières ne sont pas accompagnées de l’humilité révéren-cielle, résultat de notre foi défaillante ou même de son absence.

C’est que les dogmes et le savoir sont autres choses que la foi. La connaissance de Dieu, de Ses Noms, de Ses Attributs et de l’ensemble des connaissances divines apparentes (théologiques) est autre que la foi. On peut savoir et ne pas croire.

Et la meilleure preuve illustrant cette vérité est Iblis. Iblis, comme le témoigne la sainte Vérité, connaissait l’Origine (la Création, al-Mabdâ’) et l’Au-delà (la Résurrection, al-Ma‘âd), et malgré cela, il était incroyant. Quand Iblis dit : {Tu m’as créé de feu et Tu l’as créé d’argile} (12/VII), il reconnait l’existence de Dieu et qu’Il est le Créateur. Et quand il dit : {Accorde-moi un délai jusqu’au jour où ils seront ressuscités} (14/VII), il est convaincu de la Résurrection. De même, il connaissait les Livres, les Messagers et les Anges. Et malgré tout cela, Dieu (qu’Il soit Glorifié) parle de lui en terme d’ « incroyant » et l’a fait sortir du groupe des croyants.

Ainsi, il y a une différence entre les gens du savoir et les gens de la foi : toute personne savante n’est pas obligatoirement croyante. Le savoir ne suffit pas, comme nous pouvons le constater nous-mêmes. Nous sommes convaincus de la Création et de la Résurrection, de la Grandeur de Dieu et de Sa Majesté, mais, malgré cela, notre cœur ne s’humilie pas révérenciellement.

 

L’Imam as-Sâdeq(p) dit : « Quand tu entreprends de prier, tu dois t’humilier et t’appliquer à ta prière, car Dieu (Très-Elevé) dit : {ceux qui sont humbles dans leurs prières.}. »

Celui qui veut cheminer vers Dieu doit donc prendre la voie des croyants après avoir suivi celle du savoir, et faire parvenir à son cœur la Grandeur de Dieu, Sa Majesté, Sa Splendeur, Sa Beauté (que Sa Grandeur soit magnifiée) pour que son cœur s’humilie révérenciellement.

Dans ce que Dieu (qu’Il soit exalté) dit : {N’est-il pas venu [le moment] pour les cœurs des croyants de s’humilier révérenciellement à l’évocation de Dieu et devant ce qui est descendu de la Vérité.} (16/LVII), ce qui est sans doute visé est la foi formelle, ou la foi en ce avec quoi le Prophète(s) est venu (le Coran). Or la foi véritable implique nécessairement la présence d’un degré d’humilité révérencielle. Ou peut-être ce qui est considéré dans ce verset est la crainte révérencielle dans l’ensemble de ses degrés. Comme dans ce verset {ceux qui craignent Dieu, de parmi Ses serviteurs, sont les savants.} (28/XXXV), où le mot « savant » indique sans doute celui qui est passé de la limite du savoir à la limite de la foi.

Ainsi, celui qui s’achemine sur la voie de l’Au-delà, notamment durant la prière, doit rendre son cœur humble révérenciellement par la lumière du savoir et de la foi et y affirmer les lueurs de la Miséricorde divine, dans la mesure de son possible. Peut-être arrivera-t-il à sauvegarder cet état durant toute la prière.

Même si l’état de maîtrise et de stabilité n’est pas une chose facile au début, cet ordre est très possible avec la pratique et la gymnastique du cœur. Trois éléments aident à cela : la demande, le sérieux et le rappel, comme nous le verrons la prochaine fois.

 

d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyqh li-s-Salât de l’Imam al-Khomeiny(qs) Maqâlat 1 – chap. 3