Effets et contrecoups économiques de l’avarice

Dans le noble Coran, au verset 38 de la sourate Mohammad (s) (47) Dieu dit : « C’est vous qui êtes appelés à dépenser vos biens dans le chemin de Dieu ; mais il y a des avares parmi vous. Celui qui est avare est avare à son propre détriment. Dieu est Celui qui se suffit à Lui-même et vous êtes pauvres… » Dans ce verset, Dieu le Très-Haut expose un autre des vices moraux de l’être humain exerçant une influence importante dans l’enceinte de la société et sur son devenir : l’avarice.

 

L’avarice consiste en un état soit présent soit émergeant en l’être humain et qui le retient de donner et d’être généreux. Cet état, en plus de se faire accepter et de s’installer chez celui qui l’héberge, demande à contaminer son entourage : il donne le conseil de ne pas venir en aide aux autres, d’être avare et même, très avare ! L’Imâm al-Sâdeq (as) a dit à propos de tels individus qu’ils sont shahîh - qu’ils sont doués d’une avarice mesquine et sordide - : ils sont avares concernant à la fois ce qu’ils ont entre les mains mais aussi ce qui appartient aux gens. Ils le sont à tel point qu’ils souhaitent obtenir ce qu’ils voient entre les mains des autres, que ce soit d’une manière licite ou illicite, et qu’il ne sont jamais rassasiés par ce que Dieu leur a octroyé.

 

Dans un tel état, les pauvres et les nécessiteux sont oubliés de manière générale, et la générosité et l’attention qu’ils obtenaient d’autrui sont tout simplement interrompues. La séparation augmente entre le pauvre et le riche et la société se trouve en butte à la crise. En vérité, l’avarice est un caractère moral entraînant des conséquences économiques et psychiques directes, mais aussi des conséquences liées à l’autre monde, pour celui qui est avare et pour la société. Dieu le Très-Haut ajoute ce point à la fin du verset précédemment cité : celui qui fait preuve d’avarice se fait du tort à lui-même (car il se prive de jouir de la générosité divine, dans ce monde et dans l’autre). La générosité, en plus d’améliorer le sort des pauvres de la société et de leur redonner le moral, de leur rendre espoir en la vie, a également un effet positif sur l’état d’esprit de celui qui fait preuve de générosité. Cela le rend aimant, cela ajoute à sa spiritualité, il se sent plus proche de Dieu le Très-Haut et, dans l’autre monde, il jouira de sa propre générosité…

 

Selon ce qui a été rapporté, lorsqu’un homme a vu que la famille d’un mort offrait en son nom sa réserve de dattes, il dit : « Ah, si seulement j’avais des biens que l’on pourrait offrir en mon nom. » Le noble Prophète (s) lui répondit : « S’il avait lui-même donné une seule datte, cela aurait mieux valu pour lui plutôt que la réserve entière de dattes que d’autres offrent en son nom ! » Celui qui entreprend de faire preuve de générosité, en plus de se mettre au service des autres - et ce service lui sera rendu dans ce monde et dans l’autre grâce à la justice divine - édifie son état d’esprit et obtient en plus des qualités morales. Les effets de la générosité et de l’avarice sont nombreux. Dieu le Très-Haut dit à ce propos dans les versets 5 à 10 de la sourate Al-Layl (La nuit, 92e sourate) : « A celui qui fait l’aumône et qui craint Dieu ; à celui qui déclare véridique la très belle récompense, Nous faciliterons l’accès au bonheur. A l’avare qui cherche à s’enrichir ; à celui qui traite de mensonge la très belle récompense, Nous faciliterons l’accès au malheur. »

 

L’avarice est une bassesse morale dangereuse. Si l’être humain en est affecté et ne peut s’en défaire, il finira par être ingrat vis-à-vis des grâces divines. Dieu le Glorifié dit dans les versets 6 à 11 de la sourate Al-Âdiyât (Les coursiers, 100e sourate), sur le même sujet : « Oui, l’homme est ingrat envers son Seigneur : il est témoin de tout cela mais son amour des richesses est plus fort. Ne sait-il donc pas qu’au moment où le contenu des tombes sera bouleversé et celui des cœurs exposé en pleine lumière, ce Jour-là, leur Seigneur sera parfaitement informé de tout ce qui les concerne ? »

 

Par ailleurs, dans le dernier verset de la sourate Al-Mâ‛ûn (L'ustensile, 107e sourate), Dieu le Très-Haut met en garde ceux qui sont avares : « (Malheur à ceux qui) … se refusent à procurer aux êtres humains le nécessaire. » Dans les versets 23 et 24 de la sourate Al-Hadîd (Le fer, 57e sourate) également, Dieu le Très-Haut annonce qu’Il n’aime pas les avares, les orgueilleux ni les vaniteux : « Dieu n’aime pas l’insolent plein de gloriole, et les avares qui ordonnent l’avarice aux hommes. » Il est clair que celui qui rejoint les rangs des orgueilleux, des vaniteux et de ceux qui possèdent les caractères de Satan, auront une destinée funeste et peu enviable. Finalement, dans le verset 9 de la sourate Al-Hashr (L'exode, 59), Dieu nomme « bienheureux » ceux qui parviennent à se tenir éloignés de l’avarice : « Celui qui se garde contre sa propre avidité… Ceux-là sont les bienheureux. »

 

Effets économiques de l’avarice :

 

1- Concentration de la richesse entre les mains des riches et rétention des capitaux sur les comptes des puissants.

2- Privation du droit qu’ont les pauvres sur les biens des riches (par exemple : khoms, zakât, sadaqât, prêt sans intérêt…) et durcissement de leurs conditions d’existence.

3- Augmentation de la proportion de la pauvreté dans la société, augmentation de la « fracture sociale » entre les riches et les pauvres et éloignement des couches de la société entre elles, avec les contrecoups que cela suppose.

4- Nuisance à l’altruisme social et en définitive, différenciation des gens entre eux et augmentation des désordres individuels et collectifs, sous l’effet de l’augmentation de l’égoïsme au sein de la société.

5- Suspension des œuvres caritatives, de la construction de mosquées, d’écoles, d’hôpitaux, de ponts, de routes, etc. Suite à cela, effet direct sur l’affaiblissement de l’état d’esprit spirituel des gens.

6- Propagation de l’état d’esprit matérialiste et de la quête du plaisir individuel parmi les gens au sein de la société. Propagation du gaspillage et de l’excès, avec les conséquences que cela suppose pour la société.

7- Normalisation de la culture de l’abondance au niveau de la société et engouement pour l’acquisition de richesses à tout prix. En conséquence, augmentation de l’inflation et de la cherté de la vie et apparition des pénuries artificielles, du marché noir, etc. et de leurs conséquences.

8- Propagation dans la société de la culture du fort attachement à ce monde et phénomènes négatifs inhérents à une telle culture. L’auteur du Tafsîr Nemûneh écrit à ce sujet : « La condition nécessaire au fort attachement aux choses prodiguées par ce monde, c’est l’orgueil, l’arrogance. Or l’orgueil et l’arrogance rendent l’avarice inévitable, tandis que l’avare invite les autres à pratiquer l’avarice. Cependant, faire preuve d’avarice repose sur le fait que l’on considère l’orgueil et l’arrogance comme un capital qu’il n’est pas question de perdre, aussi, si l’avare invite les autres à l’avarice, c’est parce que premièrement, si les autres sont généreux, lui-même sera discrédité, et deuxièmement, parce qu’il aime l’avarice et qu’ainsi il se fait propagateur de la chose qu’il aime. »

9- Dégâts causés à l’état d’esprit spirituel dans la société. Dans un hadith, l’influence réciproque de l’avarice et de la foi, tant dans le cadre de la vie individuelle que collective, est exprimée ainsi : « L’avarice, la cupidité et la foi ne se mélangent pas dans le cœur musulman, de même que la poussière de la voie du jihad ne côtoie pas la fumée de l’enfer au sein du même individu. » L’Imâm ‘Alî (as) a dit à propos des avares : « Je suis étonné par l’avare, il se hâte vers la pauvreté qu’il fuit et perd le capital qu’il s’efforce d’obtenir. Il vit dans ce monde comme les malheureux [du fait de son avarice], or il sera rétribué dans l’autre monde comme les capitalistes [car il détenait beaucoup d'argent]. » (Nahj al-Balâgha, sagesse n° 126)

Traduction Denise Masson.

Le terme persan bokhl comporte à la fois la notion d’avarice et de jalousie. Il s’agit donc dans cet article d’avarice empreinte d’envie, d’avidité.

Idem.

Idem.

Traduction Denise Masson.

Traduction Denise Masson.

Traduction Denise Masson.

Impôt volontaire représentant le cinquième des bénéfices restant sur une année, après déduction des dépenses nécessaires.

Aumône légale, volontaire, prélevée sur les revenus. Du fait qu’elle est surtout mentionnée à propos des récoltes agricoles, elle n’est généralement pas appliquée aux salaires actuels du secteur tertiaire par exemple, ce qui est bien commode…

Aumône volontaire et libre.

Cette remarque concerne davantage un pays comme l’Iran dans lequel ces travaux sont souvent financés par des fondations et des mécènes.

 

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